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04/12/2008

L'assèchement d'une passante

Nous contrôlons toutes les lignes dont nous disposons sur nous-mêmes. La ligne est courbe, ou carrée, hachurée de ruptures ou de révélations, la ligne est souple, double, multiforme, obstruée de crevasses ou pendue pour sécher, la ligne mue et rayonne là où le festin bas se vide. La ligne dodue est assise là où sèche un dernier verre, là où trône un dernier invité cuit à point.

L’assèchement d’une passante, nous étions là derrière la ligne prêts à bondir, les traces blanches d’une passante nous étions là, le cours moelleux, le sort gluant, l’embourbement d’une passante nous étions affalés sur un tas de lignes. Ce n’était pas une ligne de lecture ni un continuum mais trente grues grinçantes penchées, le tiroir qui s’ouvre sur des oiseaux en robes, les yeux qui se ferment sur des obus chanteurs et leur roucoulement. La passante plane sur des lignes affolées, nous étoilons ses fragments.

La ligne réfléchit dit-on, sur les limites de la ligne dit-on, sur sa force autistique. Ouvrir ou fermer des tiroirs des fontaines ou des veines à quoi bon dit-on, à quel prix.

 

22/10/2008

Séquelles ferroviaires

 

La Nef des fous comme nous parle en train. Elle écarte ses babioles et un filet de frein s’en échappe. C’est un sifflet grincheux, mais tout attachant, somme toute. Et c’est coulant à la fois.

 

L’excroissance rumine et chapeaute la tôle.

Et le défilé chaperonne.

 

Les abeilles vont bon train, entre les mûres et les banquettes, tétines d’ailes entre tes doigts.

Gentille petite nef, nous venons de dépasser la zone aux framboises, nous couvrons les rails de pétales et de pétoncles, petite cotte de mailles, dors-tu ?

Toute la nuit nous avons battu le gravier et la forge, c’était délicieux, les tuiles peluchaient ! Nous avons mis des tas de planches derrière ton dos, sais-tu ? Nous les avons saupoudrées de croches et au matin, on aurait dit comme un pépin, comme un nodule de ferraille sur une toile de suie !

 

Au four.

Nous n’avons jamais été aussi nombreux au fond. Avec des lasagnes de clowns, les uns contre les autres, nous sommes de la pyramide !

 

Je suis derrière toute cette pyramide et la Nef baigne sous la grotte de mon tablier. Elle gratte les cerises accrochées et se teinte les dents de lait parme. Elle attache ses bretelles cubiques, rase les torchons, ses crottes bottées gémissent sous les roues du cadran. Avec les pis du peigne elle crâne ses lèvres, elle plante contre un mur de seigle ses douves de plomb.

Un rubis plat s’est posé sur la banquise, nous attendons le coup de sifflet, les boulons de nos dos frissonnent, le siège est strident.

 

 

 

Lise N.

depuis "La Nef des fous - excroissance deuxième"

composée par Gaë Bolg

pour le soixantième anniversaire de l'ONCF

15/03/2008

Dernier périple en Val de Rose

Il s’agit d’un fond où l’on traîne en pédalant.
Il s’agite mollement dans la vase luisante.
Il s’approche souvent d’une pierre et l’écrase.
C’est son sceau qui s’impose au soupçon du faux pas,
au risque de la chute.
Chaque instant martèle mille empreintes de lui.
Sur le sol organique, les visages mécaniques ont des airs inconnus.
Jusqu’au bout de la mer, des tambours s’oppressent en rythmes familiers.
Il avance imbattable atteint jusqu’à la moelle de rêveries gluantes.
Il porte dans ses bras des chars d’assaut fondants qui éraillent la nuit.
Ses petits noduleux, miaulant à bout de force, gardent les yeux fermés.