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22/03/2017

Aux confins du croupion

Elles n’avaient pas vraiment l’habitude de se situer entre les vertèbres sacrées et le rectum. Au rebours de ces années perdues dans le travail de forme, la tenue des cordes et le port de tête. Toutes ces têtes de porc du conservatoire que l’on promène en laisse avec des médailles, sur des podiums.

Il faudrait en finir avec la musique une bonne fois pour toute, il faudrait se trouver une corde. Et se laisser bercer par le vent amical Que deviens-tu depuis tout ce temps ?

19/03/2017

Sa belle voix de non-personnage

Besoin de son air. De son air, de sa belle voix, quand elle est sèche, sa voix est belle. Je la suis jusqu’en haut de la montagne, toute sa vision de l’organe, jusqu’au podium. Elle est brillante et redoutable. On aimerait bien plonger dans ce col si droit, on aimerait bien qu’elle se lâche.

Je lui ai acheté une médaille, avec des carats, elle est allergique au toc. Elle est allergique en dessous de l’altitude, elle est si fragile qu’il faut la médailler. Je lui ai acheté une belle médaille, avec des carats, avec des poinçons, avec un certificat d’authenticité.

Je me suis donné tout à elle. Je me suis passé en revue, dans un rouleau-compresseur. J’ai lâché mes initiales, je me suis encré dans son timbre, dans sa glotte. Dans sa belle glotte. Où il fait bon vivre. Belle voix devenue toute sèche, authentique, sans ce satané vibrato qui vient tout masquer.  

Toutes ces malheureuses années perdues au conservatoire, dans le prêt-à-porter des vilaines vocales, et ces vibratos préfabriqués. Il en aura fallu des montagnes pour retrouver une forme de voix nue, toute sa belle voix de non-personnage, de non-personne.

Je lui ai proposé de l’enregistrer sans son vibrato, elle n’avait pas l’habitude, il a fallu déconstruire tout ça. Toutes ces filles sorties tout droit du conservatoire elles n’ont pas vraiment l’habitude de se lâcher, il aura fallu les bousculer un peu, elles n’avaient pas vraiment l’habitude de travailler sans partition, au larsen, dans un home-studio nommé croupion.   

13/03/2017

Elle n'était pas italienne

Elle n’était pas italienne, elle était bavaroise, avec de larges bretelles et un sourire radieux. Il n’aimait pas les italiennes, il s’en méfiait, il préférait les voix larges, toute la structure des épaules résonnant dans les montages, loin des places encombrées, un bon chœur au sommet et la mâchoire ouverte sur des lacs transparents. Il disait Ourle, mais ourle-toi, il voulait que je m’ourle toute entière pour lui, à nous deux nous pourrons déplacer des montagnes, à nous deux tu seras Hildegarde. Elle était bavaroise sous ses airs latins, derrière ses mesquineries soufflait la Walkyrie, sous ses faux-airs de biche elle flairait bon le cerf, elle répondait heimat quand on l’appelait Mama.