03.01.2010

Les sabliers intermédiaires

 

 

Ces emboîtements du soupçon ne connaissent ni le temps ni le cœur. Un texte fou pour partir en puissance, un texte suffisamment fou pour dévaster l’ensemble. Mais la musique peut-elle vraiment rendre fou ? Des limites latentes à la cime des arbres, qu’il suffirait peut-être de pister en dormant, lorsque l’esprit se sépare en deux, en trois, puis en boîtes. Suivre ces pistes latentes à la manière des arbres déficients, en choisissant nos absences, nos signes infirmes.


Il suffirait de suivre ces signes déficients, ces bâtons mous dessinant des pistes dans le sable, ces bâtons parleurs et les vagues déclinantes, ces brouillons infimes.


Quand une boîte apparaît, l’autre se glisse dans ses poches, l’autre dans ses plis, l’autre se cache dans ses chaussures, l’autre tapine dans les coins. Mille secondes, le temps que tu te caches, que tu tapines, que tu te glisses et surgisses un bâton à la main, prêt à saigner. Le temps s’allume et s’éteint, mille cachettes le retiennent, en trois secondes.


Il suffirait de suivre ces sabliers intermédiaires et de bien retenir. Têtes rondes harmoniques, suspendues entre le gouffre et la paroi, concassé de destins prisonniers d’un seul corps, cohésion fabuleuse.


La nuit s’allonge et persévère dans ses tentatives masquées, prête à bondir.

 

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19.10.2009

Les fragiles parcelles

 

Les fragiles parcelles de mémoire, il disait écrire à l’extérieur du carré que portent les arbres, à l’extérieur du carré blanc dessiné sur les arbres, pas sur la surface lisse accolée mais au-delà des angles et pas juste sur l’écorce, non. Écrire sur les monts enneigés de polystyrène jusqu’à l’invisible veinule. Il disait les mains se doublent, se triplent, se multiplient pour ce faire et le nombre et le nombre est une fête.

Les mains ne peuvent faire autrement que de se dénombrer et ont besoin de toile blanche pour combler la surface. Mais on a coupé l’arbre de l’humain disait-il, on a effeuillé son oeil jusqu’à la lie.

Les carrés blancs accolés aux troncs n’ont pas grand-chose à voir avec l’esprit humain. Ils précèdent l’esprit, le quadrillage des enclos, l’étiquetage des forêts, les lois de la censure. Ils précèdent depuis fort longtemps nos questions. Et toutes ces fusées réunies le long des lignes de peupliers, le long des lignes de rivières, les lignes de fossés, tous ces tristes clignotements. Tous ces vaisseaux descendus du ciel, tous ces vaisseaux tombés je ne sais d’où ? Les monts encombrés de soucoupes plastiques et leurs verts clignotements.

Tout est changement d’échelle disait-il, depuis l’opacité d’une respiration jusqu’à l’inaudible sifflet qui creuse tout autour et l’aveuglement des arbres, l’aveuglement des arbres a peut-être quelque chose à voir avec ça.

 

04.09.2009

La limite des arbres

la limite des arbres.jpg Et aussi suivez Lise N. sur myspace et retrouvez l'ébauche musicale de La limite des arbres

27.01.2009

Histoire de groins dans la forêt la tombe

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10.01.2009

Histoire de groins en basse résolution

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14.12.2008

Les dents transparentes qui cassent

Depuis le cocon je vous parle, depuis le cocon la chaleur familière, depuis l’animal bleu. Je vous parle depuis les poils bleu dit-on, les poils bleu caressent autre chose que la pensée, davantage le ventre que la pensée. Je vous parle depuis la lune dirai-je, je vous parle depuis les poils de la lune, les cratères velus ne crépitent plus depuis longtemps. Je plaisante comme la lune, comme la fleur chauve à la tige immuable. Je vous parle de glace, de traînées de glace comme on dit, pas de caresses ni de poils qui se courbent en dessous. Je vous parle de bleus sur la neige, de cascade figée et de tout ce qui gèle, tout ce qui gèle dit-on ne murmure plus grand-chose, tout ce qui gèle tourne autour du cocon sans cesser.

08.12.2008

Dans les yeux des poissons

 

Ils inventent la trame, ils supposent que n’importe quelle romance pourrait faire l’affaire, que le début du récit ressemblerait à s’y méprendre à n’importe quelle faille, un œil s’ouvre sur les jambes du monde, le sang coule bleu ou jaune, promis à tomber sur le sol ou à emprunter les voies du flacon, ils inventent la suite, n’importe quelle suite pourrait faire l’affaire, tenter de saisir les parois du bocal et secouer l’emboîtement du liquide, la surface du verre dit-on miroite autre chose. Ils cherchent un dénouement dans les yeux des poissons, ils cherchent le globe infime, l’origine du globe, une communion des espèces et même des optiques, même dans les trous noirs ils trouvent autre chose, la saillie des niveaux, l’imbrication des lignes, magnifiques bocaux dans les yeux des poissons.

 

 

Pour Gaudinis

04.12.2008

L'assèchement d'une passante

Nous contrôlons toutes les lignes dont nous disposons sur nous-mêmes. La ligne est courbe, ou carrée, hachurée de ruptures ou de révélations, la ligne est souple, double, multiforme, obstruée de crevasses ou pendue pour sécher, la ligne mue et rayonne là où le festin bas se vide. La ligne dodue est assise là où sèche un dernier verre, là où trône un dernier invité cuit à point.

L’assèchement d’une passante, nous étions là derrière la ligne prêts à bondir, les traces blanches d’une passante nous étions là, le cours moelleux, le sort gluant, l’embourbement d’une passante nous étions affalés sur un tas de lignes. Ce n’était pas une ligne de lecture ni un continuum mais trente grues grinçantes penchées, le tiroir qui s’ouvre sur des oiseaux en robes, les yeux qui se ferment sur des obus chanteurs et leur roucoulement. La passante plane sur des lignes affolées, nous étoilons ses fragments.

La ligne réfléchit dit-on, sur les limites de la ligne dit-on, sur sa force autistique. Ouvrir ou fermer des tiroirs des fontaines ou des veines à quoi bon dit-on, à quel prix.

 

22.10.2008

Séquelles ferroviaires

 

La Nef des fous comme nous parle en train. Elle écarte ses babioles et un filet de frein s’en échappe. C’est un sifflet grincheux, mais tout attachant, somme toute. Et c’est coulant à la fois.

 

L’excroissance rumine et chapeaute la tôle.

Et le défilé chaperonne.

 

Les abeilles vont bon train, entre les mûres et les banquettes, tétines d’ailes entre tes doigts.

Gentille petite nef, nous venons de dépasser la zone aux framboises, nous couvrons les rails de pétales et de pétoncles, petite cotte de mailles, dors-tu ?

Toute la nuit nous avons battu le gravier et la forge, c’était délicieux, les tuiles peluchaient ! Nous avons mis des tas de planches derrière ton dos, sais-tu ? Nous les avons saupoudrées de croches et au matin, on aurait dit comme un pépin, comme un nodule de ferraille sur une toile de suie !

 

Au four.

Nous n’avons jamais été aussi nombreux au fond. Avec des lasagnes de clowns, les uns contre les autres, nous sommes de la pyramide !

 

Je suis derrière toute cette pyramide et la Nef baigne sous la grotte de mon tablier. Elle gratte les cerises accrochées et se teinte les dents de lait parme. Elle attache ses bretelles cubiques, rase les torchons, ses crottes bottées gémissent sous les roues du cadran. Avec les pis du peigne elle crâne ses lèvres, elle plante contre un mur de seigle ses douves de plomb.

Un rubis plat s’est posé sur la banquise, nous attendons le coup de sifflet, les boulons de nos dos frissonnent, le siège est strident.

 

 

 

Lise N.

depuis "La Nef des fous - excroissance deuxième"

composée par Gaë Bolg

pour le soixantième anniversaire de l'ONCF

15.03.2008

Dernier périple en Val de Rose

Il s’agit d’un fond où l’on traîne en pédalant.
Il s’agite mollement dans la vase luisante.
Il s’approche souvent d’une pierre et l’écrase.
C’est son sceau qui s’impose au soupçon du faux pas,
au risque de la chute.
Chaque instant martèle mille empreintes de lui.
Sur le sol organique, les visages mécaniques ont des airs inconnus.
Jusqu’au bout de la mer, des tambours s’oppressent en rythmes familiers.
Il avance imbattable atteint jusqu’à la moelle de rêveries gluantes.
Il porte dans ses bras des chars d’assaut fondants qui éraillent la nuit.
Ses petits noduleux, miaulant à bout de force, gardent les yeux fermés.

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