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22/10/2008

Séquelles ferroviaires

 

La Nef des fous comme nous parle en train. Elle écarte ses babioles et un filet de frein s’en échappe. C’est un sifflet grincheux, mais tout attachant, somme toute. Et c’est coulant à la fois.

 

L’excroissance rumine et chapeaute la tôle.

Et le défilé chaperonne.

 

Les abeilles vont bon train, entre les mûres et les banquettes, tétines d’ailes entre tes doigts.

Gentille petite nef, nous venons de dépasser la zone aux framboises, nous couvrons les rails de pétales et de pétoncles, petite cotte de mailles, dors-tu ?

Toute la nuit nous avons battu le gravier et la forge, c’était délicieux, les tuiles peluchaient ! Nous avons mis des tas de planches derrière ton dos, sais-tu ? Nous les avons saupoudrées de croches et au matin, on aurait dit comme un pépin, comme un nodule de ferraille sur une toile de suie !

 

Au four.

Nous n’avons jamais été aussi nombreux au fond. Avec des lasagnes de clowns, les uns contre les autres, nous sommes de la pyramide !

 

Je suis derrière toute cette pyramide et la Nef baigne sous la grotte de mon tablier. Elle gratte les cerises accrochées et se teinte les dents de lait parme. Elle attache ses bretelles cubiques, rase les torchons, ses crottes bottées gémissent sous les roues du cadran. Avec les pis du peigne elle crâne ses lèvres, elle plante contre un mur de seigle ses douves de plomb.

Un rubis plat s’est posé sur la banquise, nous attendons le coup de sifflet, les boulons de nos dos frissonnent, le siège est strident.

 

 

 

Lise N.

depuis "La Nef des fous - excroissance deuxième"

composée par Gaë Bolg

pour le soixantième anniversaire de l'ONCF

23/09/2008

Une léthargie profonde du Professeur Migragne

Un "clip" de Lise N. réalisé par Erik Damiano, en ligne sur You Tube :

 

Une léthargie profonde du Professeur Migragne

 

Acte Amanite #1

 

Chronique improvisée par Pierre Ménard

En ligne sur le blog de Pierre Ménard Radio Marelle un retour d'écoute de l'album de Lise N. "Faire cailler le lait avec du sang de caille" (le Cluricaun, septembre 2008).

 

Poésie sur écoute - Episode 127 -

 

Improvisation autour du disque :

Tu as bien de la chance de pouvoir désarticuler le grenier, tu es sorti du cercle. Mélodie, mélodie des endormis, sur la même architecture et chacun se déployait en une minute et trente secondes. Nous avons souhaité qu'elle renouvelle cette expérience et nous essuyons les gouttes qui traînent au pied de nos orteils. Plusieurs minutes passent dans le noir et depuis plusieurs minutes, j'entends leurs patins résonner du côté des coursives, en-dehors de la piste et là je lui parle vers le large, fatigué. Des mots doux, elle lui confie sa vie, ses problèmes de formes et de fond. L'étirement frappe d'abord sur place. Un pic, puis un autre. Le murmure impatient des spectatrices et des perforeuses qui l'appelle. Grignote les dièses, ton contrat est rompu. Mélodie, mélodie des interdits, entre le corps de la foule et les deux corps en surimpression il n'y a pas d'espace. Ainsi de suite jusqu'à épuisement complet du groupe, dans tous les sens. C'est cruel et coulant à la fois comme si nous étions nés en nous tenant la main et la langue, en zigzag, autour de lui, tire ce qu'il reste de tendres mais vautours de toi murmurent lâche prise lâche nous bien au-dessus de la ville.

(Pierre Ménard)