04/05/2026
Froid dans le do (autre autre extrait)
Ne pas louper le rendez-vous avec le multiple de qui, ce chat sensé mourir dans un carton bouge encore, ses oreilles vers l’avant forment un octogone, que se passerait-il si elle les lui plaquait en arrière, elle le caresse et l’embrasse, lui dit je t’ai aimé je t’aime, il tente de sortir du carton, elle s’éloigne et regarde à nouveau dans sa direction, l’indifférence générale dit que c’est la fin du monde, il faut se débarrasser des jeunes et des vieux, s’enlever toute épinette pourtant il bouge encore comme une référence à l’ancien, les deux se superposent ne font qu’un, pas besoin de trancher entre celui d’avant et d’après, ce n’est pas là qu’elle doit se forcer à quelque chose, surtout qu’elle ne veut pas louper l’instant où il reviendra. Elle le retrouve et ce n’est pas lui, c’est suis-ci plutôt que suis-là, elle a toute sa raison de se tourner vers une troisième croche qui la lira, les croches se démultiplient à l’endroit de l’écriture, elles ne peuvent que lui revenir même si elles en ont décidé autrement, elle est comme un aimant, un trou noir au plus proche du présent mais qui reviendra, personne ne le sait. Quelqu’un a senti qu’elle attendait, il a cru bon que c’était lui mais elle attend la fin du monde, irrépressiblement la fin approche, personne ne sait si l’être aimé est mort ou vivant, il a quitté son carton et porte le même nom que le chat du congélateur, l’enveloppé d’un sac recouvert de glace qu'elle s’efforce de réduire en poudre pour en souffler quelques grains à l’homme du futur, ou plutôt à la femme du futur, celle qui aura le culot de la regarder avec un sourire sans détour. La femme du futur a de la bouteille, elle est consciente de transporter un message à la beauté et sait ce qui la fait rougir alors elle soigne ses détails pour que la beauté y accroche ses désirs sophistiqués en forme de puzzle. À soixante ans passés la femme du futur lui offrira une composition travaillée toute une vie durant, elle n’aura rien d’autre à faire pour attirer à elle la beauté car tout y est, la stabilité est acquise depuis longtemps, il va de soi que l’écartement le sera aussi quand la femme du futur assise sur le lit exigera de la beauté qu’elle éloigne ses extrémités pour laisser la dextérité basculer sur l’assise d’où elle saura extraire les gestes retroussés du futur marquant les cuisses et les babines de la beauté imprimés sur l’oreiller. La beauté allongera son souffle décoiffé sur le côté, elle écoutera le grand naturaliste affirmer que seule une rousse peut croitre face au dérobé parti en douce choper le Ouija et botter en touche, une bonne rouste et l’O U Ï E jaillira en cercle depuis l’au-delà des lettres poussées par le verre et le do aimanté aux quatre volontés de la beauté.
22:06 Publié dans textes inédits | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chat, carton, congélateur, futur, beauté, ouija


Écrire un commentaire