19/10/2013
La première fois que j'ai vu ta tête et ce regard vide qui vibrait comme les yeux d'un insecte, j'ai senti qu'il y avait matière à trouver du tourbillon
Nous avons beaucoup en commun toi et moi, nous n'avons pas les mêmes mots, ni les mêmes idées, mais nous avons en commun ce même tourbillon d'idées qui nous happe et nous met en transe, le contenu des idées n'est pas vraiment important puisque se sont toujours les mêmes, les mêmes que nous ressassons depuis des années, par contre, ce qui est intéressant, ce qui est commun à nous, c'est le mouvement que provoque leur ressassement.
Je me demandais si tu avais un jour été pris dans le tourbillon d'un autre, provoqué par un je-ne sais-quoi peu importe, un tourbillon qui te serais tombé dessus sans que tu ne l'ais provoqué, mais tu étais là à ce moment-là, pris dans ce bouillon, dans ce tourbillon. Et depuis, tu ne peux véritablement prendre ton envol ou ton pied que quand le tourbillon de tes idées rassies et ressassées surgit à nouveau. Ce ne sont pas les idées en elles-mêmes qui t'emportent mais la ronde folle de ces idées, alors tu te revois planer au-dessus du tourbillon de l'autre tout en étant pris dedans.
Avec ce tourbillon qui nous est tombé dessus, nous ne serons plus jamais les mêmes, tu seras toujours en quête d'un tourbillon chez l'autre et surtout d'un tourbillon chez moi. Tu cherches ce tourbillon partout, tu cherches à le provoquer, mais moi aussi je cherche à provoquer chez toi ce tourbillon d'idées, je ne cherche pas à provoquer de nouvelles idées peu importe, ce qui m'importe c'est de me retrouver séquestrée dans ton tourbillon et suffisamment étourdie pour planer au-dessus, je cherche à me diviser, comme toi je regarde dans le vide et je me divise, regarde, nous sommes tous les deux ensemble en train de regarder dans le vide tout en étant pris dans le tourbillon respectif d'un troisième luron.
Les cerveaux lents d'un troisième luron.
17:05 Publié dans textes inédits | Lien permanent | Commentaires (3)

